Yeruldegger, de Ian Manook

 

« Malgré le petit cadavre recroquevillé dans son coffre et les corps mutilés des trois Chinois qui l'attendaient à Oulan Bator, Yeruldelgger ressentit une sorte de bonheur à appartenir à ce pays où on bénissait les voyageurs aux quatre vents et où on nommait les cercueils du même mot que les berceaux. Une sorte de bonheur... »

 

En lisant ce polar mongol décapant, on a du mal à imaginer qu'il a été écrit par un mec, Ian Manook alias Patrick Manoukian, originaire de Meudon. Pourtant, de la steppe et des coutumes nomades jusqu'aux bas-fonds sordides d'Oulan-Bator, tout sonne juste. Ajoutez à cela un héros désabusé et meurtri par la vie, au nom à coucher sous les étoiles (Yeruldelgger Khaltar Guichyguinnkhen), des titres de chapitres engageants (chap. 4 : Va récupérer tes bouts de Chinois !), des dialogues savoureux (- Quand la mort n'est pas naturelle, quand elle est accidentelle, les lamas recommandent d'envelopper le mort dans un linge rouge. - Pourquoi ? demanda Yeruldelgger. - Parce que les lamas le disent, répondit le vieux nomade avec évidence.) et vous obtiendrez tous les ingrédients d'un excellent polar, original, violent et captivant.

B.T.