Tokyo, de Mo Hayder

 

Double plongée, dans la Chine de 1937 et dans le Tokyo des années 90. Double plongée, dans les horreurs de la guerre et la peur qu’inspirent les yakuzas, les mafieux japonais.

 

Un thriller actuel, qui prend sa source dans un épisode historique peu connu (du moins en ce qui me concerne), l’invasion de la Chine par le Japon en 1937. Et une intrigue aussi haletante qu’insoutenable : une jeune américaine, en 1990, s’est mise en tête de retrouver un vieux film disparu pouvant attester des actes de cruauté commis par les militaires japonais lors de la prise de Nankin, en 1937. Et, tout particulièrement, un acte d’une cruauté absolue. Un acte commis sur les femmes et qui ferait presque passer le « simple » viol pour un agréable divertissement tout public.

 

Autant dire qu’on est, à de nombreuses reprises, à la limite du supportable. Et, quand ce n’est pas le cas, l’ambiance n’est quand même pas franchement légère : « A l’époque, le kasutori était le seul substitut au saké qu’on pût trouver à Tokyo – Le troisième verre, paraît-il, rendait aveugle, mais quelle importance ? A quoi bon s’en inquiéter quand tout le monde mourait ? »

 

Suspens terrifiant, à ne pas mettre entre toutes les mains…

 

A noter que cet épisode historique du massacre de Nankin est toujours l’objet de révisionnisme (ou négationnisme) de la part du Japon.

 

B.T.