Love song, de Philippe Djian

 

Un héros perdu, noyé dans des tourments amoureux et artificiels, rien que du très classique chez Djian. Mais le résultat est finalement plutôt plat, loin en tout cas de la puissance de « Incidences » ou « Vengeances », pour ne citer que ces deux là.


Reste le style. Et là, je suis resté encore plus dubitatif. Une volonté de faire court (percutant ?) poussée à l’extrême, pour ne pas dire à la caricature : « Je monte. Il est encore tôt. L’aube se diffuse à peine à l’étage. Elle hurle. J’entre. Je m’approche. Me penche. Là. » A croire qu’il fallait faire un maximum de phrases, pour recycler une caisse pleine de points…


Autre figure de style, encore plus curieuse, l’absence totale de point d’interrogation. Ce n’est pas que le héros ne se pose pas de questions, bien au contraire. C’est juste que Djian ne les conclut pas par un point d’interrogation : « – A quel sujet. – Qu’est-ce qu’elle fait là. – Quoi encore. – Et toi. – Tu attendais quoi. (…) ». Mouais.

Je n’ai rien contre le fait de prendre des libertés avec la langue française, à condition qu’il y ait une justification, le plus souvent comique ou de style (voir Quesneau, Dard…). Rien de ça ici. A part permettre à moindre frais de placer quelques points (non interrogatifs) supplémentaires…

B.T.