Chanson douce, de Leïla Slimani

 

Chanson douce, mon premier Goncourt. Je veux dire, en tant que lecteur.

 

Bon, comment décrire au mieux une vie morne et sans éclat, celle de Myriam, l'héroïne, épouse délaissée et mère fatiguée ? Pourquoi pas en adoptant un ton et un style sur le même mode, morne et sans éclat. De ce point de vue, ce roman est une réussite ! Tout comme Myriam, on se fait copieusement chier, la première phrase exceptée.

 

Il faut dire que ça partait fort ! « Le bébé est mort.», tu te rends compte ? Bon, c'est vrai que c'est légèrement  pompé sur le « Aujourd'hui, maman est morte. » de Camus, mais ne pinaillons pas. Il y a des choses plus graves dans la vie qu'un léger emprunt, surtout qu'il est sûrement involontaire.

« Le bébé est mort.», difficile de faire plus concis, efficace, angoissant et prometteur. Mais pas de panique, ça se calme vite. Dès la deuxième phrase. Les enfants qui mangent, les enfants qui pleurent, les enfants qui vont à la plage, les enfants qui nagent, les enfants qui font des châteaux de sable, les enfants qui veulent une glace, les enfants qui font un caprice, les enfants qui dorment, les enfants qui jouent au parc, les enfants qui pleurent... Quoi ? Je l'ai déjà dit ? C'est pas moi qui ai commencé !

227 pages sur ce rythme soporifiquement haletant avec, à la fin, une confirmation : le bébé est bien mort.

B.T.